Le réseau Alliance

Initié par le commandant Georges LOUSTAUNAU LACAU, le réseau ALLIANCE fut l’un des plus importants réseaux français d’information couvrant toute la Métropole. Ses 3.000 membres obtinrent le titre de membres de l’armée française par le général Giraud.

La direction du réseau a été transmise à Madame Marie-Madeleine Fourcade (à l’époque MERIC) dès 1941, accompagnée ensuite du Commandant Léon Faye (chef militaire), du Colonel Edouard Kauffmann (chef région Sud Ouest et Centre puis national) et de nombreux autres chefs militaires et spécialistes (renseignement, transmission, recrutement, sécurité). Pour n’en citer que quelques uns : Charles Bernis, Maurice Coustenoble, Gabriel Rivière, Ernest Siegrist, Pierre Dallas, Maurice de Mac Mahon, Paul Bernard, Georges Lamarque, Ferdinand Rodriguez, Camille Raynal, Jean-Philippe Sneyers et Philippe Koenigswerther et bien d’autres que vous découvrirez dans ce site.

Le réseau subit en 1942 puis en 1943 les attaques de l’Abwehr, de la Gestapo et de la police française. Le réseau paye alors un lourd tribut d’arrestations, de déportations et de morts.

Il fut connu par les Allemands sous le pseudonyme de l’Arche de Noé, du fait de l’utilisation de noms d’animaux par ses membres pour cacher leur identité, et devint la hantise d’Hitler et de Himmler.

La Gestapo recevra fin 1944, après le débarquement, l’ordre direct d’Hitler (« nuit et brouillard ») de liquider tous les membres arrêtés de l’ALLIANCE (les sites d’exécution : Struthof où 107 membres du réseau furent exécutés et leur corps brûlé, Sonnenburg, Karlsruhe, Ludwigsburg, Kehl, Rasttat, Ofenburg, Fribourg-en-Brisgau, Bühl, Pforzheim, Gaggenau et les camps de concentration allemands).

Au total, le S. R. ALLIANCE perdra 438 résistants officiels, sans compter ses sympathisants.

Photo du faux passeport de Kenneth Cohen au nom de Keith Crane, lorsqu’il a rencontré Loustaunau-Lacau à Lisbonne. La même photo a été utilisée pour son laissez-passer au QG FFL. © the estate of Kenneth Cohen

Après une première période de rattachement avec les services secrets anglais et le général Giraud, chef naturel hiérarchique basé en Afrique du nord, le réseau continua sa croissance en étroite collaboration avec le MI6 anglais qui leur fournissait radios et fonds par l’intermédiation du Commandant de la Royal Navy Kenneth Cohen.

Ce n’est que par une décision rendue officielle le 21 septembre 1943, après avoir subit des pertes importantes, que le S. R. Alliance est finalement militarisé dans le but de protéger ses membres Mais cette protection n’eut malheureusement aucune efficacité.

Le réseau était essentiellement dirigé par des officiers supérieurs de l’armée française refusant le régime de Vichy. Considéré comme de droite nationaliste de par ses origines, il comportait aussi toutes les facettes politiques de la société y compris quelques communistes. Telle n’était pas la raison de la coalition de ses membres : seule comptait la victoire contre l’occupant en tant que techniciens du renseignement, dans un même esprit patriote.

On ne rentrait pas dans l’ALLIANCE pour tuer, mais pour gagner la guerre par l’information. Les recruteurs soulignaient qu’ils n’étaient armés que de leur tête. Ce n’est qu’en début 1943 que le Colonel Kauffmann créa un service armé uniquement pour la protection des membres, qu’il appela « les Apaches ». son deuxième surnom fut alors Manitou. 

Le travail de ces résistants s’ordonnait autour du dévouement et du sens de l’organisation. Les renseignements étaient coordonnés par secteurs : air, mer, terre, industries, résultats de bombardements, transports en cours, opération de psychologie politique.

Vous trouverez dans ce site de nombreux détails de cette épopée.

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