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Lapierre Armand

 

Armand Lapierre (collection peeters)

Secteur « Ferme »

En 1940, Armand Lapierre avait 19 ans et était étudiant en Ile de France près de Paris. Communiste, il rejoint les « Bataillons de la Jeunesse », en tant que réponse à l’occupation allemande et rancune à la trahison de Pétain et son régime de Vichy. Il entre en résistance dès 1940. Armand fut arrêté dans le sud de Paris par trahison et emprisonné, torturé à Fresnes le 11 novembre 1942. N’ayant pas parlé et par ruse, il est libéré le 29 avril 1943…. Armand fut introduit dans le réseau Alliance et devient agent de liaison entre le Calvados et Paris. Sous couvert de visite à Caen, Il transportait des pièces volées de parties de radios de la compagnie SFRE à Paris, et les donnait à Jean Caby dit « Emouchet », responsable et Radio du secteur de Villers-Bocage, pour construire des très importants transmetteurs qui on été utilisés pour communiquer avec le SOE à Londres. Après le 17 avril 1944, quand le secteur d’Alliance du Calvados (« Ferme ») a été compromis et les  responsables principaux arrêtés (Jean Caby a été arrêté le 17 Mars), Armand fut l’un des membres rescapés qui demandait de l’aide à Londres, se sachant « grillé ». Tout le secteur « Ferme » avait perdu ses responsables et de surcroit, l’information d’un DDAY imminent circulait à travers les ondes radios.

Monsieur Cairon, un fermier juste à l’extérieur du village de Commes, sortait sa radio tous les jours dans son jardin et entendit pour la première fois le message décisif : « les sanglots longs des violons de l’automne, blessent mon cœur d’une langueur monotone »… Le débarquement était imminent. Armand arriva à Colleville-sur-mer, à la « cabane de Cabourg », le 30 Mai 1944,  et il fut nommé pour mener la plan « violet » des action de  sabotage de la côte, de la région de Port-en-Bessin, Commes, Colleville-sur-Mer et Trévières.  N’ayant pas recu l’information que le débarquement du 4 Juin avait été retardé, son groupe « Gilot » exécuta le plan de coupure de toutes les lignes de communication sur le domaine de Chenevière, et également les lignes électriques du poste de  transmissions allemandes de Bouffey, à quatre heures du matin.  Leurs compagnons d’Alliance emprisonnés à la prison de Caen ont tous été fusillés le matin du 6 Juin 1944 par des SS et leurs corps ne furent jamais retrouvés…

A la fin de juillet 1944, Armand décide de revenir en région parisienne, et rejoint la 11eme Division Blindée Britannique près de Cabourg, dans le rang des affiliés FFI. Après le combat éprouvant de la poche de Falaise, il rejoint la 3eme Division Blindée Américaine allant droit sur Paris. Celle-ci le mène à Tilly, où il prend une Motobecane B33, d’un architecte ami de son père. Rattaché au 83eme bataillon de reconnaissance blindé, il rejoint la frontière Belge en Août 1944, et entre en Belgique le 3 septembre 1944. Ce même jour 1944 , il fait passer la Meuse au 24th Cavalry Squadron qui libère Mézières.

 Vue générale de la photo, elle aurait été prise à Mézières .On y voit aux cotés de Lapierre des FFI casqués et surtout une Kettenkrad aux mains de la résistance .collection Peeters

Le 4 septembre, il se distingue lors d'une attaque de nuit contre un dépôt allemand. Il a entre autres été éclaireur pour plusieurs commandos américains et reçu la Croix de guerre pour sa bravoure.  Il  atteint ensuite les Ardennes en Septembre et la Bataille de Belgique mettra un terme à son voyage en Décembre 1944, au grade de Capitaine. Sa moto est restée en Belgique dans la famille d’un résistant local qui l’a transmise à un historien belge. Celui-ci la remise en état, plus de 70 ans après, pour la refaire rouler lors des commémorations en Normandie, afin d’honorer la mémoire d’Armand Lapierre.

 

Distinctions : citation au grade de Capitaine