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  • PARUTION D'UN LIVRE SUR LE RESEAU ALLIANCE

    Cette video est un entretien avec l'historien Lars Skowronski sur le livre qui vient de paraître : Radio Topinambour.
    Ce livre donne un autre regard, complémentaire, au livre de Marie-Madeline Fourcade sur le réseau Alliance, L'Arche de Noé.

    Très illustré de photos, documents, témoignages, il relate avec précisions la vie du colonel Edouard Kauffmann, numéro 3 du réseau en 1943.
    Ecrit comme un roman, vous serez étonnés de sa facilité de lecture et des informations inédites qu'il contient.

    Dans votre bibliothèque, il trouvera sa place au côté du livre de Marie-Madeleine Fourcade.
    Probablement le deuxième et dernier livre sur ce réseau extraordinaire !

  • LA PRESIDENCE SALUE NOTRE DRAPEAU !

     

    Le president macron a caen

     

    75e anniversaire du Débarquement

    L’hommage du Président de la République aux fusillés résistants

    de la prison de Caen.

     

    De notre envoyé spécial Marc-Antoine de Saint Pol

    La cérémonie officielle qui se tient tous les ans, le 6 juin, devant la prison et qui est précédée habituellement de la cérémonie réservée aux familles dans l’enceinte de la prison, a été célébrée le 5 juin en raison de la présence de Monsieur Macron. C’est la première fois qu’un Président vient rendre hommage à ces victimes. Il était entouré de nombreux élus, de représentants de l’Administration et d’Officiers.

     Le Président a pris le temps de saluer individuellement  tous les représentants des anciens combattants et tous les membres des familles présents.

    Au cours de cette cérémonie et pour la première fois, « l’appel des Morts » a été réalisé par le Réseau de Résistance Alliance, précédé d’une brève présentation de l’activité de chaque réseau dans le Calvados. Pour le Réseau ALLIANCE, appel des 16 membres du Réseau par M-A de Saint Pol. Le drapeau de l’ALLIANCE était porté par Titouan de Saint Pol, arrière-petit-fils de Guy de Saint Pol.

    Le lendemain matin, de bonne heure, les familles se sont retrouvées avec toujours beaucoup d’émotion à l’intérieur de la prison pour se recueillir devant les courettes où les résistants descendirent 3 par 3 pour y être fusillés.

    Ouest France  titrait « l’insondable mystère des fusillés de la prison de Caen ». Les corps, en effet, n’ont toujours pas été retrouvés, mais de nouveaux éléments, actuellement en cours d’examen, suscitent de nouvelles recherches. Les familles des victimes vivent toujours dans l’espoir qu’un jour on retrouvera les corps de ces héros.

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    Le Président Emmanuel Macron a honoré les fusillés de la prison de Caen ce 5 juin, reconnaissant ainsi l’importance de leur sacrifice. Plusieurs membres du réseau Alliance étaient parmi eux, avec le drapeau de notre association.
    Cet hommage de l’Etat souligne l’indispensable lien entre l’Histoire et la Nation, la reconnaissance des effets du passé sur le présent.  

    Or c’est l’objet même de notre association : nous devons faire les efforts nécessaires pour que le réseau Alliance ne tombe pas dans l’oubli et qu’il égrène dans la population ses richesses humaines. Comment ne pas écouter ces âmes atrocement mutilées qui ont montré le chemin d’un comportement humain digne et généreux ? Ces héros nous ont tendu un drapeau d’amour et d’alliance ; à nous de savoir le prendre et le porter haut. C’est pour cela que notre association existe.

    Il est de notre devoir de prendre appui sur cette cérémonie certes protocolaire, mais avant tout démonstrative du besoin de la Nation de retrouver ses appuis fondamentaux. Or nous possédons un trésor et nous devons le partager. Quand la cohésion nationale s’effrite, une grande cause recrée les liens sociaux : la Patrie.      
    Mais notre association n’est pas suffisamment reconnue par les Services de l’Etat qui ne s’intéressent qu’à ce qui s’impose à lui. L’innovation dérange, le conservatisme est moins perturbant…

    Nous avons créé un site internet que nous améliorons régulièrement. Il est assurément le site d’information le plus important sur le réseau Alliance et il est la base de notre communication. Il peut être consulté sur http://reseaualliance.e-monsite.com. C’est un travail long et coûteux que nous poursuivons avec rigueur. Les historiens et les associations de combattants s’y rencontrent et nous pouvons en être fiers.

    Nous demandons actuellement aux Autorités que ce site soit aussi référencé dans les services de l’Etat pour permettre de nous faciliter leur contact et leur reconnaissance, dans le but d’améliorer la communication avec la jeunesse du pays particulièrement déroutée aujourd’hui.       
    Je souhaite que cet été, souvent de repos, soit l’instigateur de vos réflexions. Nous avons besoin de vous tous. Envoyez-nous vos idées par courrier ou courriel.

    Richard Kauffmann

     

  • Loustaunau-Lacau aux honneurs

    Qui était le général Loustaunau-Lacau

    Né en avril 1894 à Pau, Georges Loustaunau-Lacau intègre Saint-Cyr en 1912, au sein de la promotion Montmirail, promotion qui versera l’un des plus lourds tributs à la Grande Guerre avec 233 de ses 400 élèves morts pour la France . Sous-lieutenant en 1914, d’emblée engagé dans la  Guerre, il s’y distingue par son courage et sa détermination dans les rangs du 132e régiment d’infanterie.

    Il mérite la première de ses cinq citations en assurant seul la liaison avec l’état-major sous un déluge de feu allemand, avant de prendre la tête du détachement chargé de la garde du drapeau de son régiment sur l’Aisne. Pour son courage sous le feu à Reims, à Verdun, et dans la Somme, il est décoré de la Légion d’Honneur à 23 ans. Le 22 novembre 1918, le capitaine Loustaunau-Lacau a l’honneur de  commander la première patrouille qui entre dans Strasbourg, après 48 ans de présence allemande.

    Admis à l’école de guerre en 1922, le capitaine Loustaunau-Lacau en sort major. Il rejoint ensuite le Maroc, où il s’illustre une fois de plus au sein de l’état-major du maréchal Pétain pendant la guerre du Rif. Puis c’est la  Rhénanie et la Grèce, où il sert comme conseiller militaire. Promu chef de bataillon, il prend le commandement du 24e bataillon de chasseurs alpins en 1932 où il met en application ses théories sur le combat d’infanterie. Il rejoint à nouveau le cabinet du maréchal Pétain.

    Au printemps 1940, alors que l’armée française connait le plus grand désastre de son histoire, il tient tête aux blindés de Rommel sur la Saulx, entre MARNE ET MEUSE dans la région de Vitry le François, détruisant 22 chars allemands avant de s’effondrer, grièvement blessé d’une balle dans le dos.

    Fait prisonnier, il parvient à s’évader et rejoint la zone libre. Le commandant Loustaunau-Lacau s’appuie alors à Vichy sur ses contacts d’avant-guerre pour mettre sur pied le réseau de résistance Alliance,  qui sera considéré par le général De Gaulle comme l’un des plus efficaces. Ce réseau s’étend dans toute la France et renseigne directement  l’Intelligence Service britannique. Dès 1941, Loustaunau-Lacau est recherché par les Allemands. Capturé en 1942,torturé durant six mois durant dans les caves de la Gestapo, il est déporté à Mauthausen au terme de 54 interrogatoires en n’ayant jamais livré la moindre information. Jusque dans les camps,  le commandant Loustaunau-Lacau s’affirme comme un chef énergique et un homme de caractère, protégeant ses camarades et n’hésitant pas à parler en leur nom. Il survit par miracle aux marches de la mort et est libéré en avril 1945.

    Rentré en France, il se heurte aux sectarismes de l’après-guerre, lui dont l’engagement pour la libération du pays avait toujours été l’unique ligne de conduite. L’historien Simon Epstein résumera ainsi ce parcours atypique : “Nombre d’antifascistes de 1936, basculés collaborateurs en 1940 mais experts à se faire pardonner en 1944, auront connu une Libération plus paisible que celle qui s’acharna sur ce résistant de la première heure, rescapé de Mauthausen et des marches de la mort”.

    Il rédige ses Mémoires au titre hautement symbolique de « Mémoires d’un français rebelle » et plusieurs autres ouvrages qui expriment sa pensée riche et ses fortes convictions. Elu député du Béarn en 1951, il siège à l’Assemblée Nationale. Victime d’un malaise le 11 février 1955, alors qu’il vient d’être nommé général de brigade, il meurt chez lui le jour même.

    Héros de guerre et ardent patriote,  le général Loustaunau-Lacau incarne magnifiquement la droiture, la fidélité à ses idéaux et le service désintéressé de la France. Il eut toujours la force de demeurer, envers et contre tout, dans ses combats comme dans son âme, un Français, libre.

    Olivier PAULUS

    Auteur :
    Olivier PAULUS 
     

  • Ouvrage de référence à lire à la rentrée !!!

    L'association L'ALLIANCE vous conseille ce livre à paraître de Michel BALDENWECK, ancien professeur des universités.
    Il avait déjà soutenu sa thèse en 2012 sous la direction d’Olivier Feiertag en 2012 : "De la Résistance au rétablissement de la légalité républicaine en Normandie : histoire de la Seine-Inférieure (1943-1946) de l’occupation à la Libération".
    Il est en deux tomes.

    Pub

     

     

  • Une famille de résistants du réseau : la famille DELIRY

    L'Association a été reçue très amicalement par la famille DELIRY le 13 février 2017.

    Pierre DELIRY était le chef prétendant à la succession de Mengel dans le secteur AUTUN.

    Photo du RKG

    Pour sa fiche cliquer ICI
    La ville d'Autun était, pendant la guerre, une ville importante à la fois pour sa situation géographique, au bord de la ligne de démarcation, et pour ses usines de chiste bitumeux.
    La milice était de ce fait très nombreuse, ainsi que les résistants.
    Claude Deliry, l'un des 6 fils de Pierre, a écrit un livre (de famille) très intéressant sur son père que l'association possède maintenant. Qu'il en soit remercié.

    Son père avait structuré un petit réseau local d'information. Ayant rencontré le Duc de Mac-Mahon, responsable du réseau Alliance avec son chef Paul Mengel, il accepta de s'intégrer dans le réseau Alliance, mieux armé techniquement pour transmettre les informations récupérées.
    Pierre Deliry devint alors "TAMSAS" (race de serpent), code K 18.

    Pierre DELIRY a conduit des actions glorieuses multiples. L'une d'entre elles fut particulièrement remarquable : celle  
    des vedettes rapides allemandes.
    Le port de Châlon avait été aménagé par les Allemands pour recevoir une réserve de vedettes, basées sur un plan incliné ver le niveau de l'eau.
    L'IS fut prévenue. Voulant bombarder la ville ce qui aurait été catastrophique pour les habitants, le réseau Alliance proposa aux Anglais une idée géniale : détruire le barrage en aval de Châlon ce qui allait assécher la base marine et empêcher toute navigation vers le fleuve se déversant dans la mer..
    L'IS accepta cette proposition, chargeant le réseau Alliance de procéder à l'exécution du plan.
    Après une première tentative de deux faux saoulards jetant une valise dans la vanne (les dégâts furent insuffisants), la deuxième fut la bonne, à l'aide de deux véhicules bourrés d'explosifs. Les vedettes furent bloquées !
     
    Pierre DELIRY fut victime, avec ses amis résistants, de Paul Lien, agent de l'Abwer introduit dans le réseau Alliance.
    Après une fausse attaque sur un milicien qui lui permit d'obtenir les honneurs des résistants, Lien, introduit sur le secteur d'Autun, put donner aux Allemands tous les renseignements nécessaires à l'arrestation des membres du réseau.
    Quelque temps après, Lien participait à l'arrestation de Léon Faye. 
    Plus de 100 personnes furent ainsi arrêtées du fait de Paul Lien qui, le 16 septembre 1943, fêta sa victoire avec ses amis de l'Abwer au Lido à coup de champagne. Il reçut une récompense de deux millions de francs et la croix de fer avec épée.
    Quelques jours après, ce fut le tour le l'équipe du colonel Edouard Kauffmann à Volvic.

    Pierre DELIRY est mort fusillé en même temps que d'autres résistants, notamment Gabriel Romon, le 21 août 1944 à l'aurore, à Heilbronn.
    Avant d'être emmené vers le lieu d'exécution, il dit ces paroles qui résument l'état d'esprit de tous les résistants d'Alliance
    "Je n'ai pas haï l'Allemagne mais je voulais...faire quelque chose pour ma patrie. Je meurs pour la paix entre la France et l'Allemagne".

     

  • Voeux 2017 des Forces Combattantes à Boulogne Billancourt

    Voeux de Claude Leroy, Secrétaire de L'association, aux Elus de Boulogne-Billancourt

    B1

    B2

    Boulogne 3

    Boulogne 1

    Boulogne 2

  • Discours de M.le Maire de Vierville sur mer M. JM Oxeant 6 juin 2010

    http://vierville.free.fr/Ceremo6juin10/Img_0315L.jpg

    Mesdames et Messieurs,

     

                            En ce 6 juin 2010,

                    Soyez les bienvenus à Vierville sur mer.

     

    C’est à Bayeux le 14 juin 1944 que le Général de Gaulle, s’adressant aux Bayeusains libérés déclara : « Vous qui avez été sous la botte de l’ennemi et avez fait partie des groupes de résistance, vous savez ce qu’est la guerre ! »

     

                     Tous nos concitoyens avaient eu à subir les effets de cette guerre, plus encore dans les zones côtières devenues zones stratégiques fortement militarisées : la pesante présence des troupes d’occupation y imposera une réalité quotidienne brutale – interdictions multiples, réquisitions des biens, des hommes, corvées, brimades, répression. C’était le lot de tous.

     

                      Mais tous ne s’accommodèrent pas de cette situation : les collaborateurs qui devinrent bien vite pires que leurs maîtres et les hommes libres qui entrèrent en résistance pour les premiers d’entre eux dès 1940.

     

                       Plusieurs groupes créés dans notre région évolueront au fil des années, s’adaptant aux situations, aux femmes, aux hommes qui les composent.

     

                        Dans le magnifique travail réalisé en 1996 par les élèves des collèges Paul Verlaine et Alain Chartier avec Messieurs Le Gros, Marsault et Sénécal, j’ai lu les noms des réseaux Hector, Ceux De La Résistance, l’Organisation Civile et Militaire, Mithridate, le Comité de libération du Calvados, Alliance.

     

                        Le réseau Alliance créé en 1940 par le Commandant Georges LOUSTAUNAU LACAU verra ses dirigeants arrêtés les uns après les autres, déportés, massacrés.

     

                         En 1942, lorsque l’occupant envahit la zone libre, Alliance est réorganisé en trois zones. Celle de l’Ouest de la France est placée sous le commandement de Jean ROGER SANTENY, dit Dragon. Risquant à tout moment leur vie, les résistants ne furent pas nombreux dans notre région. Ceux du réseau Alliance choisirent des noms d’animaux pour dissimuler leur véritable identité comme Dragon, Civette, Pic, Emouchet, Bison Noir ou Chordeille…

     

                          Par dérision, les Allemands surnommèrent le réseau l’Arche de Noé. Ils avaient oublié que l’Arche portait la renaissance qui viendrait après les temps obscurs !!

     

                           Hommes, mais aussi femmes, décidés à tout faire pour contribuer à la libération de la Patrie, d’origines sociales différentes, les destins des Résistants s’entrecroisèrent dans l’accomplissement d’une multitude de tâches, un vrai travail de fourmi fait de patience, d’observation, de ruse et de silence !

     

                           Il  importait avant tout de recueillir et de transmettre un maximum d’informations à l’état major allié, mais aussi d’aider les aviateurs à rejoindre l’Angleterre ou les réfractaires à se soustraire au travail obligatoire, de préparer la libération de notre sol sans négliger son administration le moment venu par des civils français et non par des militaires alliés comme certains le désiraient.

     

                            Jean SAINTENY avait compris tout cela très tôt. Après l’armistice du 22 juin 1940, il voulut continuer la lutte contre l’oppression allemande. Arrêté par la Wermacht en septembre 1941, il sera relâché faute de preuve.

     

                             En 1942, le réseau Alliance se met au service des Alliés. Le Sipo-Sd, (Sicherheitspolizei), service de contrespionnage allemand, arrête Jean Sainteny le 16 mai 1943 ; il lui échappe 2 heures après. Il doit alors entrer dans la clandestinité. Le 7 juin 1944, arrêté à Paris, torturé par la Gestapo, hospitalisé, condamné à mort dans la nuit du 4 au 5 juillet 1944, il réussit  à s’évader avec l’aide d’un gardien pour finalement  prendre contact avec l’état major de Patton le 16 août 1944.

     

    Les membres du réseau Alliance arrêtés n’échappèrent pas tous à leurs tortionnaires : Robert Boulard et Désiré Lemière habitaient Vierville, l’un à Vacqueville, l’autre aux Fosses Taillis.

     

                Ces deux hommes aimaient, je crois, la vie. Ne dit-on pas que juchés sur le toit de leur maison, ils se donnaient la réplique d’un bout à l’autre de Vierville au clairon et à la trompette ? .

    Oui, ils aimaient la vie ! Leurs enfants se souviennent d’eux comme des pères aimants, et attentionnés. Désiré, menuisier avant guerre, continuait d’aider sa femme à tenir sa petite ferme. Il avait du rechercher une source de revenus de remplacement dans cette période d’occupation sans matières premières, sans commande pour nourrir leur 3 enfants. C’est ainsi qu’il devint facteur.

    Robert déjà facteur, avait lui aussi des journées bien remplies, ayant toujours à faire après le travail à la maison, au jardin, pour que les 4 enfants mangent à leur faim en ces temps de disette.

                Désiré et Robert passaient tous les deux du temps avec leurs enfants même si souvent, c’était pour partager le travail !

    Désiré n’hésitait pas alors à remettre une petite pièce à celle qui l’avait bon gré, malgré aidé.

    Lorsqu’il dut réparer le puits du jardin, Robert demanda aux gosses d’apposer l’empreinte de leurs mains sur le ciment frais qu’il venait de poser sur la margelle. Ces empreintes sont toujours là, témoins muets d’une complicité entre un père et ses enfants.

     

    Qu’est-ce qui décida ces pères de famille paisibles à entrer dans un mouvement de résistance organisé ?

    Je l’ignore et j’imagine qu’ils n’ont pas dû souvent parler de tout cela à leurs proches.

    Réaction classique contre un occupant ? Refus de la défaite ? Aider son pays à retrouver sa liberté ? Assurer un avenir de Paix et de liberté à leurs enfants ? Eux seuls l’ont su !

     

    Ces hommes de caractère, tous les deux facteurs parcouraient chaque jour les chemins de nos villages, observant en détail les activités des troupes d’occupation.

    Ils seront actifs dans la recherche et la transmission de renseignements jusqu’à ce matin du 05 mai 1944 où ils sont arrêtés par les hommes de main de la « bande à Hervé ». Ces auxiliaires Français du Sipo-Sd, escortent  leurs prisonniers à la prison  de Caen  où ils sont internés.

    Ils sont régulièrement extraits de leur geôle, pour être interrogés, sous la torture, rue des Jacobins.

     

                Les nouvelles sont rares, quelques courts messages parviennent à franchir les murs de la prison. Le temps semble bien long à leur épouse, à leurs enfants, si jeunes encore pour certains. Le plus jeune fils de Désiré a 3 ans, celui de Robert, 6 ans.

     

    Dans la matinée du 06 juin, le Sipo-Sd, comprenant que les alliés ont engagé sur nos plages les opérations de libération de l’Europe, décide d’éliminer les résistants emprisonnés à Caen. Ils ne doivent pas survivre à la défaite nazie, ils doivent payer le prix pour avoir contribué à la préparation des combats libérateurs.

    Des exécutions sommaires sont rapidement organisées ; 80 personnes environ seront abattues au cours de la journée dans les petites cours de la prison, puis enterrées sur les lieux même de leur martyr.

    Quelques jours plus tard, les corps sont exhumés, chargés dans des camions, transportés vers une destination restée toujours inconnue à ce jour.

    Peur d’être accusés de crime de Guerre, dernière vengeance ou habiles exécutants de la procédure « Nacht und Nebel » Nuit et Brouillard, la procédure qui prévoit et organise la disparition totale des ennemis du Reich, laissant à tout jamais les proches des victimes sans nouvelles ? Je ne le sais pas.

     

    La libération progressive de la campagne normande puis de Caen entretiennent l’espérance de voir Désiré et Robert libérés rentrer à la maison ; en septembre 1944, la nouvelle de leur disparition arrive aux familles.

    Quatre mois d’attente déjà ! et le cauchemar continue. S’ils sont morts, que l’on nous rende leurs corps !

     Une nouvelle attente commence, pour donner une sépulture décente à ces pauvres victimes de la barbarie,  une sépulture sur laquelle se recueillir ! En vain !

    Le poète espagnol Luis Cernuda a écrit dans cette période :

    « Les jours de la vie sont amers à qui, à force de souvenirs, ne vit qu’une très longue attente ».

     

    66 ans après, personne n’a encore été en mesure d’apporter une indication sur la disparition de Robert et Désiré et de tous leurs compagnons qui luttèrent pour le retour d’un monde meilleur.

    Leurs épouses forcent l’admiration pour leur courage si fort, et leur discrétion dans ces jours terribles, dans les années suivantes, conduisant leurs enfants vers l’âge adulte avec bien peu d’aide.

     

    Il est donc légitime que le nom de ces hommes garde une place à Vierville dans notre vie ordinaire et libre, pour que nous nous souvenions qui ils étaient, ce qu’ils ont fait pour notre pays.

    Quelle que soit la distance dans le temps de ces événements, nous disons ne pas vouloir oublier les souffrances que la folie des hommes a infligées à d’autres hommes.

    Ce serait trop injuste :

    -injuste pour tous les soldats alliés tombés au combat

    -injuste pour ces hommes de l’ombre assassinés sous la torture

    -injuste pour ces civils, enfants, femmes, hommes, tués au mortel hasard des bombardements.

     

    Et comment oublier la misère morale, affective, économique même parfois, que toutes ces disparitions ont engendré dans ces années noires !

    Combien de familles ont eu à traverser ces épreuves parce qu’un  des leurs avait fait le don de sa vie pour la Patrie ?

     

    Ces réponses, Mesdames, Messieurs, nous les connaissons ; elles guident ce matin nos pas vers ce lieu où nous rendons hommage à la mémoire de ces êtres humains disparus.

    Nous aimerions tant que toute cette énergie de la vie n’ait pas été vainement brûlée. Nos enfants vivent dans la paix.

    Aidons les à comprendre qu’eux aussi, un jour en seront les dépositaires pour les générations futures, qu’elle est fragile, que ce mot magnifique  a plus que jamais du sens dans notre pays de liberté.

     

                                          En baptisant ces rues, à Vierville, nous rendons hommage aux  hommes d’action, nous rendons également hommage à tous les membres du réseau Alliance, et plus particulièrement ceux du Bessin qui périrent sous la torture, déportés ou abattus à la prison de Caen le matin du 6 juin 1944, là où Robert BOULARD et Désiré LEMIERE disparurent à tout jamais, ainsi que leurs compagnon Albert ANNE, charron à Asnières, Georges THOMINE à Port en  bessin, et tant d’autres.

     

    Comme l’a si bien écrit Monsieur Jacques Vico, lui-même résistant et actuel grand témoin de l’Histoire, président de l’Union des combattants volontaires de la Résistance du Calvados et vice-président national de cette organisation :

     « La résistance, ce ne sont pas des histoires du passé, c’est à la fois éternel et universel. C’est un combat de tous les jours pour la liberté et la dignité de l’Homme .

     

                                                                                      Jean-Marie Oxéant

                                                                                      Maire de Vierville sur mer